Aller au contenu principal

Prévisionnel : Nelly Pierre-Elias

Soutenance

Le 28 mai 2026

CERAG

Responsabilité individuelle au sein d’un collectif de travail : l’entreprise peut-elle créer, par son organisation et ses pratiques managériales, un contexte favorable à l’expression de la responsabilité individuelle ?

Jury

Jean-Yves JUBAN

Université Grenoble Alpes

Direction de thèse

Christian DEFELIX Université Grenoble Alpes - Grenoble IAE Examinateur

Yvon PESQUEUX

CNAM

Rapporteur

Bénédicte BERTHE

Université Bretagne Sud - IAE Bretagne Sud

Rapporteure

Christelle MARTIN-LACROUX

Université Grenoble Alpes

Examinatrice

Florence NOGUERA Université de Montpellier Paul-Valéry Examinatrice

 

Résumé

Cette thèse explore la notion complexe de responsabilité individuelle en milieu professionnel. Les organisations mobilisent constamment la notion de « responsabilisation des salariés » comme levier d'efficacité et de bien-être au travail, tout en constatant que sa mise en œuvre reste mal définie et ses résultats incertains. Le manager est supposé jouer un rôle central dans ce processus, sans que l'on sache précisément comment il appréhende la responsabilité individuelle au quotidien. La thèse pose ainsi la question centrale : Comment le manager appréhende-t-il la responsabilité des salariés en situation de travail ? Partant que la responsabilité est bien plus une interprétation de l’action qu’un concept d’autonomie contrôlée, la recherche propose d’explorer comment le manager interprète l’action du salarié dans un contexte de réussite ou d’échec pour mieux révéler les facteurs explicatifs de l’action du salarié. Une méthodologie qualitative par étude de cas multiple a été retenue. Des entretiens ont été conduits auprès de 19 managers issus d'organisations de travail variées. Chaque répondant a décrit deux types de situations : une situation de responsabilité aboutie (réussite) et une situation non aboutie (échec). L'analyse repose sur un raisonnement abductif mobilisant le « Triangle de responsabilité » de Schlenker. Ce modèle recompose l’essence d’une action, évaluée en vue d’un jugement de responsabilité, autour de trois composantes : l'identité (I), les prescriptions (P) et l'événement à accomplir (E) et aide à vérifier la congruence d’informations qui relient chacune des composantes. Quatre résultats principaux émergent : Le manager mobilise implicitement un canevas structuré correspondant aux trois composantes du triangle (I, E, P) pour décrire une situation de responsabilité. Le manager met en œuvre des stratégies d'action ciblées visant à renforcer chacun des trois liens : montée en compétences et clarification des rôles (lien I-P), octroi de contrôle sur l’évènement (lien I-E), établissement et appropriation des règles et critères (lien E-P) pour favoriser les conditions de réussite. Le manager avance des explications excusantes, cherche à comprendre le comportement du salarié, mais peine souvent à établir l'intention de réussite réelle de l'individu, ce qui limite la qualité du diagnostic de l’échec. La remédiation consiste, pour le manager, à requalifier a posteriori les composantes du triangle de responsabilité, mais son application concrète reste incertaine. In fine, la recherche propose une « matérialité » de la responsabilité, offrant aux managers une grille de lecture opérationnelle pour transformer la responsabilisation en un levier de reconnaissance et d'efficacité.

Date

Le 28 mai 2026
Complément date

9h00

Localisation

CERAG

Publié le 6 février 2026

Mis à jour le 8 avril 2026