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Soutenance
Le 15 décembre 2026
CERAG
De l'intention à l'engagement entrepreneurial : comprendre le passage à l'action des étudiants en écoles de commerce
Jury
|
Jean-Pierre BOISSIN |
Université Côte d'Azur |
Direction de thèse |
| Véronique Favre Bonte | IAE Savoie Mont Blanc – Université Savoie Mont Blanc | Rapporteur |
| Caroline Tarillon | iaelyon School of Management | Rapporteur |
| Amal Attour | Université Côte d’Azur – CNRS - GREDEG | Examinateur |
| Ludivine Adla | Grenoble IAE – INP, UGA | Examinateur |
Résumé
Cette thèse analyse l’entrepreneuriat étudiant à deux moments distincts du processus entrepreneurial : la formation de l’intention chez des étudiants qui ne sont pas encore engagés dans une démarche entrepreneuriale et les mécanismes associés à la poursuite de l’action chez des étudiants déjà engagés. Elle répond à une limite des approches centrées sur l’intention entrepreneuriale : si celles-ci expliquent les représentations qui précèdent l’action, elles rendent moins compte des mécanismes à l’œuvre lorsque l’individu investit effectivement du temps, des ressources et de l’énergie dans un projet. La recherche articule deux cadres théoriques. Le premier s’inscrit dans le prolongement de la théorie du comportement planifié (TCP) et des modèles de l’intention entrepreneuriale. Il examine le rôle de la désirabilité perçue, de la faisabilité perçue et de l’environnement social, tout en étudiant leurs antécédents : croyances comportementales intrinsèques et extrinsèques, compétences perçues et présence d’un entrepreneur dans l’entourage. Le second mobilise les travaux sur l’engagement entrepreneurial et distingue deux fondements de l’engagement, l’engagement fondé sur les valeurs et l’engagement fondé sur l’échange, ainsi que deux cibles, le projet entrepreneurial et le métier d’entrepreneur. Cette seconde étude examine l’articulation entre comportements entrepreneuriaux, ressources investies, formes d’engagement et surinvestissement. L’étude empirique repose sur une enquête quantitative menée auprès de 925 étudiants de grandes écoles de commerce françaises, répartis en deux échantillons indépendants selon leur situation entrepreneuriale. Les résultats du premier volet montrent que l’intention entrepreneuriale est principalement associée à la désirabilité et à la faisabilité perçues. La désirabilité est davantage associée aux croyances intrinsèques qu’aux croyances extrinsèques, tandis que la faisabilité perçue est plus fortement reliée aux compétences transversales qu’aux compétences techniques. La mise en perspective avec les données recueillies par Boissin, Chollet et Emin en 2008 fait ressortir une configuration persistante : l’entrepreneuriat est nettement plus attractif pour les étudiants qu’il n’est envisagé comme un choix professionnel immédiatement consécutif aux études. Le second volet montre que, chez les étudiants déjà engagés, l’avancement des comportements entrepreneuriaux s’inscrit dans une chaîne d’associations reliant les ressources investies aux différentes formes d’engagement, puis au surinvestissement. La distinction entre engagement envers le projet et engagement envers le métier d’entrepreneur permet de ne pas réduire l’engagement entrepreneurial à une mesure unique : un étudiant peut poursuivre activement un projet sans nécessairement se projeter durablement dans une carrière entrepreneuriale. Les résultats soulignent également que l’engagement ne constitue pas uniquement une issue souhaitable du processus entrepreneurial : certaines formes d’engagement, notamment celles fondées sur les ressources déjà investies et les coûts associés au renoncement, sont liées à la poursuite de l’investissement au-delà des ressources initialement envisagées. La thèse conduit ainsi à déplacer l’analyse de l’entrepreneuriat étudiant d’une logique centrée sur la seule intention vers une lecture différenciée des mécanismes qui précèdent et accompagnent l’action. Pour les écoles de commerces, les résultats invitent à distinguer les dispositifs destinés à travailler l’attractivité et la faisabilité de l’entrepreneuriat de ceux destinés aux étudiants déjà engagés. Pour ces derniers, l’accompagnement ne consiste plus seulement à encourager la persistance : il doit également aider l’étudiant à évaluer les ressources engagées, les raisons qui le conduisent à poursuivre son projet et les situations dans lesquelles la persistance peut se transformer en surinvestissement.
Date
14h00
Localisation
CERAG
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